Le Brexit peut constituer une belle opportunité pour (certaines) universités espagnoles et portugaises, mais il faut saisir l’occasion.

Suite au vote en 2016 du Royaume-Uni de quitter l’UE ou Brexit, des opportunités intéressantes dans le secteur des étudiants européens ont vu le jour, en particulier pour les universités et les écoles de commerce de l’UE qui proposent des Licences et des Masters en anglais.

L’incertitude demeure quant au traitement des étudiants de l’UE en termes d’immigration et de frais d’inscription. Il est très probable que les droits d’inscription pour les étudiants en Licence au Royaume-Uni augmenteront pour atteindre les tarifs actuels des pays non-européens (au lieu d’environ 8.000 à 9.000 £, de nombreux étudiants de première année paieront entre 15.000 et 30.000 £). Le rapport coût-bénéfice des études au Royaume-Uni deviendra donc moins attrayant pour ces étudiants, à l’exception des grandes écoles comme Oxbridge et LSE.

En outre, le Royaume-Uni a décidé de quitter également le programme d’échange ERASMUS, qui connaît un grand succès. L’Espagne et le Portugal deviendront ainsi des destinations Erasmus encore plus attrayantes qu’elles ne le sont actuellement.

Les étudiants de l’UE qui étudient au Royaume-Uni représentaient 6% de l’ensemble des étudiants en 2018/19. On s’attend à ce que ce chiffre diminue de plus de 50 %, ce qui ouvre des perspectives supplémentaires aux universités espagnoles et portugaises.

De plus, d’excellents talents dans le domaine du STIM sont diplômés chaque année des « Politécnicas » (Grandes Ecoles Polytechniques) espagnoles et portugaises, mais ces profiles doivent souvent émigrer pour trouver de bonnes offres d’emploi. Avec la révolution du télétravail en place, certaines entreprises du Benelux envisagent déjà de recruter de GRANDS talents (issus du) STIM dans le cadre d’une collaboration à distance (ce qui était déjà une pratique courante pour le nearshoring et les opérations de back-office).

Cependant, il y a un gros MAIS : pas toutes les universités espagnoles ou portugaises proposent des Licences et/ou des Masters enseignés en anglais. Les universités privées sont bien mieux préparées à cela (y compris des écoles comme l’université IE, Esade, Deusto et surtout les écoles privées de Lisbonne).

Les instituts ibériques ne sont pas vraiment très fortes pour se promouvoir. Elles devraient intensifier leurs efforts de ventre et de marketing, sinon les établissements néerlandais, danois, suisses, français, allemands, et des autres pays européens réussiront à attirer les meilleurs étudiants et les meilleurs professeurs.

Enfin, dernier élément mais non des moindres, plus d’étudiants étrangers signifie plus de logements, plus de dépenses locales dans les bars, les supermarchés, etc., plus de voyages nationaux et une atmosphère beaucoup plus vivante et dynamique.