La chute du tourisme touche principalement l’industrie hôtelière

L’épidémie Covid et la chute du tourisme qui en résulte, représentant près de 15% du PIB, ont durement touché l’Espagne. Une perte de 106.000 millions d’euros est estimée pour l’année 2020. L’activité touristique est retombée à son niveau de 1995. L’Espagne, qui a accueilli plus de 80 millions de touristes étrangers en 2019, doit actuellement se contenter de moins de 30%.

Les compagnies aériennes, les hôtels, les restaurants et les bars sont les plus fréquemment cités, mais il existe bien évidemment de nombreux autres secteurs qui en souffrent directement et indirectement.

Il va de soi que non l’Espagne, mais la pandémie de Covid est à la base de la paralysie de la mobilité mondiale. Ce qui est clair est que de mauvaises mesures politiques et sanitaires ont été prises, surtout dans le monde occidental.

Après tout, après un confinement total de plus de 3 mois et un retour complet et irresponsable à la liberté au lieu d’un assouplissement contrôlé pendant les mois de vacances, l’épidémie a brutalement repris et pourrait peut-être prendre des dimensions encore pires que la première vague.

Hôtels

Le pire été dans l’histoire du tourisme espagnol se termine avec la solvabilité de l’industrie hôtelière. La chute des ventes est déjà un fait.
Il suffit de jeter un coup d’œil sur internet pour observer la réalité du secteur : sur le site ‘Milanuncios’ (un peu comme le coin des bonnes affaires), un réseau de publicités très axées sur les produits d’occasion et peu habituées à la distribution de grands produits économiques, les offres de propriétés hôtelières atteignent 50 à l’heure, avec de très bonnes affaires et aussi sans distinction géographique. Ainsi, vous y trouverez des annonces telles que “hôtel à vendre à Madrid avec moins de 200 chambres et un prix supérieur à 150 millions d’euros”, ou dans la province de Malaga, “hôtels à vendre sur la Costa del Sol, 3, 4 et 5 * de 90, 140, 170, 280, et jusqu’à 400 chambres, situés à Fuengirola, Marbella Puerto Banus, Estepona et Torremolinos”.

Les vautours sont à l’affût pour s’emparer des hôtels. Ils attendent patiemment l’heure H avec les faillites à venir encore cette année 2020 et certainement l’année prochaine. Il est clair que la relance du tourisme ne sera pas pour l’immédiat.

La plupart des observateurs partent du principe que la crise hôtelière se poursuivra jusqu’en 2022 inclus, qu’il sera possible d’atteindre un seuil de rentabilité en 2023 et que les bénéfices ne seront réalisés qu’à partir de 2024.

Les entreprises familiales et les petits groupes devront donc rechercher des financements ou des opérations de crédit-bail. Et c’est là que réside la grande opportunité pour les investisseurs. En effet, les banques ne prêtent pas d’argent aux secteurs de l’hôtellerie et de la restauration et les financements alternatifs sont hors prix (12 à 15% et même plus).

Les investisseurs font d’ores et déjà des propositions aux propriétaires d’hôtels en difficulté, afin d’acheter les propriétés avec une forte remise entre 30 % et 50 % de la valeur du marché pré-Covid. Ils donnent à l’exploitant la possibilité de poursuivre ses activités en payant un loyer avec une option de rachat dans un délai de 3 à 5 ans au prix d’achat majoré de 20 à 30%.

L’avantage pour l‘exploitant réside dans le fait que le loyer ne sera pas aussi élevé, car le propriétaire se contentera d’un rendement normal du capital investi.

Une solution déplorable mais toujours préférable à la faillite.

Rik De Ridder cofounder Quintessence International Real Estate.